Révélation de Pâques : je me suis endormie dans l’espérance de la résurrection

Révélation de Pâques : je me suis endormie dans l’espérance de la résurrection

 

Avez-vous déjà entendu cette phrase à la messe ? La prière eucharistique parle de « ceux qui se sont endormis dans l’espérance de la Résurrection ».

En général, cela fait référence à nos défunts. Mais la Pâques ne nous enseigne-t-elle pas à sortir de nos tombeaux, de nos morts au cœur de cette vie ?

Pour la première fois, dimanche dernier, j’entends cette phrase et elle m’atteint en plein cœur : « endormie dans l’espérance…« .

Oui, une part de moi s’est résignée.

En devenant maman, à ne plus changer le monde comme je le rêvais à mes dix-sept ans ;

En tant que citoyenne du monde, à baisser les bras face aux guerres et aux folies de certains insensés qui dirigent nos pays ;

En tant qu’humaine, à ne plus me battre face à la mort, à ne plus y voir souvent qu’un passage, sans doute plus beau qu’on ne le craint…

Mais à force de relativiser et prendre de la distance, j’ai renoncé.

Renoncer à la vie ?…

Ce n’est pas la première fois. Cette part de mort intérieure m’a toujours accompagnée. Elle m’offre un regard plus détaché et lucide sur le monde, pour le mieux. Mais pour le pire, elle me fait baisser les bras face à l’adversité.

Il y a cette parabole magnifique du gérant infidèle, que m’a rappelé mon mari lors d’un échange :

« Le maître fit l’éloge de l’intendant malhonnête à cause de l’habileté dont il avait fait preuve. En effet, les enfants de ce monde sont plus habiles vis-à-vis de leur génération que ne le sont les enfants de la lumière. » (Lc 16.8).

Lorsqu’il s’agit de gagner dans le monde, il y a tant de modèles, de marches à suivre, d’appâts du gain, de satisfactions… Mais lorsqu’il s’agit de gagner « son ciel« , qui est encore là ?

Nous nous endormons facilement, dans l’idée que de toute façon l’Amour aura le dernier mot à l’heure de la mort… Alors à quoi bon se battre ?

Pourtant, Jésus nous a annoncé qu’il faudrait à Sa suite, devenir des guerriers :

« …que celui qui n’a point d’épée vende son vêtement et achète une épée » (Lc 22.36). Des guerriers de paix, d’amour, de justice.

Nous n’avons pas le droit de baisser les bras ! Il faut oeuvrer, urgemment, en tant qu’anges du Bien incarnés sur cette si belle planète. Les archanges ne sont-ils pas représentés en armure ? Il y a un véritable combat, que le doute et l’abattement nous fait renier : celui contre le mal.

Et non, ce n’est pas seulement un archétype ou un symbole… C’est une réalité tout aussi réelle que celle de la chaleur du Bien dans notre poitrine. Et ce mal s’infiltre à notre insu…

Ne pas en avoir peur, non. La peur nous fait perdre tout discernement. Mais être conscient que nous n’avons pas le droit de nous endormir : avec le Christ, nous devons veiller ! Veiller les uns aux autres, veiller sur Sa flamme en nous, veiller par nos prières et nos gestes d’amour pour ceux qui ne le peuvent plus.

Relevons-nous. Voici ce qu’est Pâques : un relèvement, collectif et pour le Bien, afin que la Lumière triomphe. Chaque jour, au travers de nos pensées redressées, de nos paroles qui se souhaitent bénédictions pour les autres. Au travers de nos actes pour la Lumière, actes concrets, quotidiens, engagés… Autant que le sont ceux d’un businessman qui veut voir son chiffre d’affaires décoller.

Ensemble, avec Pâques, voyons les chiffres du Bien et du Beau décoller autour de nous !

Œuvrons à ce grand rêve de Dieu pour nous. Nous saurons alors que nous sommes réveillés, et que nos tombeaux n’ont pas eu le dernier mot. Alors, nous pourrons être appelés « enfants de lumière ».

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